Le 17 juillet 2006, le Mouvement des jeunes pour la démocratie, la paix et la solidarité (MJDPS) manifestait contre les accords d’Alger du 4 juillet 2006, devant l’ambassade du Mali à Paris. Quatre ans après quel bilan peut-on en tirer ?
Le 23 mai 2006, un groupe de bandits déserteurs de notre armée a commis des actes de terrorismes (le terrorisme est le recours à la violence contre des innocents pour faire triompher une idéologie ou une cause politique) et de crimes de guerre (selon la convention de Genève de 1949, le fait de s’attaquer volontairement dans un conflit à des objectifs non militaires, qu’ils soient humains ou matériels est un crime de guerre "piller, détruire villes et villages sans qu’il y ait d’impératif militaire sont des crimes de guerre"), contre le peuple combattant du Mali.
Après cette attaque tout le peuple malien s’est mobilisé pour soutenir son gouvernement, mais quelle ne fut notre surprise lorsque la légende vivante, le mythe, l’un des grands repères de notre armée s’est rendu en Algérie pour signer des accords de la honte avec ces bandits en déclarant je cite : "Les guerres que l’on gagne ce sont celles que l’on évite".
C’est pourquoi à l’époque des patriotes (la presse éclairée et avant-gardiste, les partis politiques, mouvements et associations) se sont mobilisés pour dénoncer lesdits accords, nous avons dit et redit qu’en évitant certaines guerres nous ne faisons que les déplacer en renforçant l’ennemi, et nous avons attiré leur attention sur la célèbre déclaration de W. Churchill lors de la 2e Guerre mondiale, je cite : "Celui qui ne veut pas quand il le peut, ne pourra pas quand il aura voulu". Nous avons été traités de tous les noms par les défenseurs de la "démocrature" selon l’écrivain péruvien Mario Vargas. Quatre ans après la signature des accords d’Alger où en sommes-nous avec le problème ? François Mitterrand disait : "Que tout problème sans solution n’est pas un problème". Est-ce le cas Fagaga ?
Le 24 juin 2010, l’officier de sinistre mémoire, assassin multirécidiviste et déserteur de notre armée nationale a adressé une correspondance au président de la République et aux différents partenaires du Mali pour dénoncer la non-application desdits accords au nom de l’obscure Alliance démocratique pour le changement du 23-Mai 2006.
En effet, cette correspondance prouve à suffisance l’état d’esprit de M. Fagaga et établit au passage son profil psychologique (sociopathe dangereux, instable et incontrôlé) qui ne trouve son salut que dans le crime (pouvoir revendication).
Sinon comment comprendre qu’après tant de sacrifices consentis par le peuple malien ; à savoir :
l’envoi d’un valeureux officier de surcroît ministre de la République à Alger pour aller signer des accords avec des bandits de la pire espèce ;
la réintégration de ces bandits et criminels de guerre dont Fagaga lui-même dans notre armée nationale en février 2009, avec le paiement de leurs arriérés de soldes et l’alignement de leurs grades à ceux des loyalistes ;
les grands efforts matériels et financiers consentis par le gouvernement du Mali et ses partenaires pour assurer le développement économique et social du Nord de notre pays, que M. Fagaga puisse pousser l’arrogance et l’outrecuidance jusqu’à parler d’humiliations calculées des siens sur leurs territoires et proférer des intimidations et nouvelles menaces directes d’insécurités dans la région, relève de la foutaise et du mépris tout court à l’égard du peuple malien.
Les humiliés ici ce sont nos soldats qu’on envoie au front sans minutions, qui se font descendre comme des lapins et qui ne bénéficient même pas des honneurs de la nation.
Les humiliés ici ce sont ces victimes des différentes exactions (attaques répétées, mines anti-personnel), ces soldats blessés au front laissés pour compte qui n’arrivent plus à se soigner faute de moyens financiers, et au même moment leurs bourreaux circulent dans les "Hummer". Les humiliés ici c’est le peuple malien qui assiste impuissant devant l’éternel à ce festival des brigands.
Aujourd’hui, tout le monde sait que Fagaga est un partisan de la menace crédible, c’est-à-dire, dire et faire, que son cas n’est pas un problème majeur.
Nous avons fait savoir à M. Fagaga à maintes reprises que nous n’aimons pas la violence, car la violence est le lit des hommes en mal d’amour qui en désespoir de cause menacent, agressent, violent et tuent. Mais alors pourquoi lui laisser la chance de continuer à faire du mal à ce peuple qu’il prétend défendre alors que son dessein inavoué est de créer une zone de non-droits pour les trafiquants de drogues et les terroristes d’AQMI.
Sinon comment peut-on demander à une armée nationale d’un État qui se dit souverain et qui se respecte de se retirer d’une partie de son territoire ? Cela équivaut à demander aux policiers français de se retirer des banlieues parce qu’il y a des caïds et que ces derniers vont assurer la sécurité des populations dans une brigade spéciale.
Il est temps de mettre fin au laxisme et à la faiblesse de notre gouvernement face à ce problème grave qui menace l’intégrité de notre territoire et l’équilibre de notre nation.
Il ne s’agit pas de faire la guerre, mais d’appliquer la loi dans sa rigueur, aujourd’hui nous avons l’arsenal juridique nécessaire national, sous-régional, régional et international pour faire face à ce problème, seulement il y a un manque réel de volonté et de courage politique de la part de nos gouvernants. Or, il est temps de faire du Mali un véritable État de droit.
Nous ne pouvons plus continuer à cautionner des meurtres, assassinats, profanations et autres forfaitures au nom de la paix et du développement.
Aujourd’hui par la faute de certains de ses enfants, le Mali notre patrie n’a plus le choix, car il arrive souvent dans la vie des individus comme dans l’histoire des nations où tout choix devient un sacrifice, et devant tant de haines, de méchancetés gratuites, de bêtises humaines, de menaces et d’enjeux réels, nous devons faire appel à l’ardeur de l’espérance et au sursaut de la volonté pour arrêter le processus de dégradation que connaît actuellement notre pays.
Debout sur le champ d’honneur et de la dignité, unis et déterminés nous allons triompher ! Dieu bénisse le Mali !
Mariko Bakary
(France)
27 Juillet 2010.
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