Niamé Kéita, le directeur général de la police, sera responsable de tout ce qui pourrait arriver suite à ses violations des textes du Syndicat national de la police (SPN) et son immixtion dans les affaires du SPN. C’est sur ce ton menaçant que Siaka Diakité, SG du Syntade et de l’UNTM, a animé une conférence de presse samedi dernier.
Immixtion de la direction générale de la police nationale dans les affaires de la Section syndicale de la police nationale (SPN), violations flagrantes du statut et règlement intérieur de la police nationale par le directeur général de la police. Ce sont des griefs du Syndicat des travailleurs des administrations d’Etat (Syntade), affilié à l’UNTM, portés contre Niamé Kéita, le DG de la police.
Samedi 24 juillet 2010, à la Bourse du travail, Siaka Diakité, secrétaire général du Syntade, est revenu longuement sur les violations commises par M. Kéita. Il avait à ses côtés le secrétaire général de la SPN, Tidiane Coulibaly. Plusieurs militants du syndicat de la police ont également répondu à l’appel de leur SG.
Pour Siaka Diakité, samedi 17 et dimanche 18, juillet, un groupe de policiers, qui ne possèdent ni les qualités ni les compétences, se sont concertés pour "renouveler" le bureau du SPN. Ces policiers qui ne sont autres que des éléments d’une dissidence créée de toutes pièces par le directeur de la police "en vue de renouveler le SPN" a agi dans l’illégalité.
Aux dires de Siaka, le renouvellement d’une section du Syntade est "supervisé par un organe supérieur", ce qui n’a pas été le cas. D’ailleurs, rappellera-t-il, au Syntade, le renouvellement des organes n’est pas à l’ordre du jour. "Aucune structure n’a organisé un congrès pour modifier ses textes encore moins renouveler les instances".
Le SG du Syntade a affirmé que le mandat actuel de renouvellement du bureau du SPN arrive à terme en 2012. "Une administration n’a pas mandat de convoquer une conférence nationale d’un syndicat". A ses dires, force doit rester à la loi. Les agissements de Niamé Kéita, selon lui, violent les dispositions de l’Organisation internationale du travail (OIT).
L’arme de la grève
Ces violations des textes de l’OIT et du SPN lui ont été signifiées. Mais, la dissidence, sous sa protection a fait fi des réserves formulées par le bureau de la SPN et a entamé une tournée "d’intoxication" à l’intérieur du pays avec des instructions fermes de Niamé Kéita. Ce dernier, aux dires de policiers, a, par message N°0098 en date du 12 avril 2010, invité les chefs d’unités "à prendre toutes les dispositions pour la réussite de la mission".
Le SPN, "s’est vu dans l’obligation de saisir le DG de la police par correspondance n°002/SPN du 15 avril 2010, pour lui demander de se mettre en marge de la vie du syndicat".
Comme si de rien n’était, le DG de la police, ajoutent des agents, est revenu à la charge par un message radio fax n°152/DPGN-SG du 1er juin 2010 adressé aux directeurs régionaux de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Mopti afin "de prendre et de faire prendre toutes les dispositions pour le bon déroulement de la tournée".
Siaka Diakité, qui prévient n’avoir pas dit son dernier mot, a révélé que les tournées de la dissidence (qui avait même été suspendue par lettre n°007/SPN du 8 juin 2010) ont été fait faites avec les moyens de l’Etat (véhicules, carburant).
A la question de savoir pourquoi Niamé se comporte de la sorte ? Siaka, a été on ne peut plus clair : "Parce qu’on ne nous aime pas. La carence est camouflée par la violence. On ne veut pas qu’on dise ce qui se passe. On empêche la police d’atteindre ses objectifs premiers".
Pour Siaka, les autorités ont été saisies sur les actes posés par Niamé et ses protégés. "Les courriers ont été envoyés et nous attendons le délai légal pour la réponse". Les moyens légaux de pression pour être entendu, a-t-il dit, ne manquent pas. "On va les obliger à nous entendre s’ils n’agissent pas". Parmi les moyens envisagés, a souligné le SG, figure la possibilité d’aller en grève "s’il le faut".
Pour un policier, "depuis l’arrivée de l’actuel directeur de la police, la police malienne est minée par des problèmes et est ridiculisée tous les jours par les récalcitrants".Les autorités sont averties et devront prendre le problème avec sérieux.
Amadou Sidibé
26 Juillet 2010.
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